Et si l’immensité du cosmos pouvait tenir entre les murs d’une salle de classe ? Et si le ballet silencieux des planètes et les secrets de la gravité devenaient soudainement des jeux d’enfants ? Dans le cadre des projets européens SciPol (ERC) et PICOPhysics For All, l’équipe de médiation du Centre Cosmos, Sciences et Sociétés a passé, fin décembre, une journée à l’école élémentaire des Cordiers, à Orléans, pour offrir aux élèves un “petit détour vers les étoiles”, juste avant les vacances de Noël. Retour sur une une journée riche en rencontres.

Atelier « Toile de l’espace-temps » avec les élèves de l’école des Cordiers d’Orléans.
Crédit photo : APC/CNRS.

Juste avant que les lumières de Noël ne commencent à scintiller, une équipe du Centre Cosmos, sciences et sociétés a offert aux élèves de l’école des Cordiers un petit détour par les étoiles…

Un détour vers l’infini

Enfants réunis autour d'une maquette expliquant les phases de la Lune.

Les différentes phases de la Lune expliquées aux enfants.

The different phases of the Moon explained to children.[/caption]

Ce lundi 15 décembre, l’école des Cordiers a changé de dimension. Les couloirs ne menaient plus seulement à la cantine ou à la cour de récréation, mais aussi vers Saturne, la Grande Ourse et les confins de notre galaxie.

L’équipe de médiation du centre Cosmos, sciences et sociétés avait une mission claire, soutenue par le programme “Physics For All” (PICO) : prouver que l’astrophysique n’est pas une discipline réservée aux initiés et qu’elle est une histoire fascinante qui appartient à tout le monde. L’objectif de la journée était donc de briser les barrières, de dépoussiérer l’image du/de la scientifique et de planter une graine de curiosité dans l’esprit fertile des enfants.

Pour cela, les médiateurs avaient apporté avec eux un arsenal pédagogique, transformant l’apprentissage en une véritable aventure. La pièce maîtresse de cette expédition était sans conteste notre planétarium mobile, une bulle d’exploration où le temps et l’espace deviennent relatifs.

Manipuler l’Univers du bout des doigts

Le planétarium gonflé dans le gymnase de l'école des Cordiers.

Benjamin Beringue, doctorant APC et médiateur, expliquant aux élèves comment se déroule une séance dans le planétarium.

Benjamin Beringue, APC doctoral student and mediator, explaining to students how a planetarium session works.[/caption]À l’intérieur du dôme gonflable, les murmures excités des enfants se sont tus, remplacés par un émerveillement collectif. Le plafond de l’école a disparu, laissant place à la voûte céleste dans toute sa splendeur. Guidés par les médiateurs, les élèves ont embarqué pour un voyage immobile. Ils ont survolé les anneaux glacés de Saturne, contemplé la surface rouge de Mars et se sont sentis infiniment petits face aux nébuleuses lointaines.
Le planétarium n’a pas seulement montré le système solaire ; il a permis de le ressentir, d’appréhender les échelles vertigineuses de la cosmologie. Mais l’exploration ne s’est pas arrêtée là. D’autres ateliers de manipulation et de jeux attendaient nos jeunes astrophysicien·nes d’un jour pour découvrir les phases de la lune, comprendre les principes de l’écliptique et des saisons, ou encore explorer les secrets de la gravité et de l’espace-temps.

Grace à cette journée, la science est devenue tangible pour tous les enfants : une simple nappe tendue est devenue une représentation de l’Univers, où des billes de différentes tailles, symbolisant les planètes et les étoiles, déformaient le tissu. Les enfants ont ainsi pu “voir” la gravité, comprendre comment la masse courbe l’espace et dicte le mouvement des astres. L’Univers n’était plus un concept lointain, mais un terrain de jeu qu’ils pouvaient manipuler.

La science a un visage

Cette journée n’aurait pas eu la même saveur sans sa dimension humaine. Au-delà des manipulations, les élèves ont eu la chance de rencontrer celles et ceux qui font la science au quotidien : les doctorantes et doctorants du laboratoire Astroparticule et cosmologie (APC). Loin des clichés, les enfants ont découvert que les scientifiques sont des personnes accessibles, animées par la même curiosité qu’eux.

Amalia Villarrubia-Aguilar faisant une présentation en classe.

Amalia Villarrubia-Aguilar, dictorante APC et médiatrice, explique aux élèves à quoi servent les télescopes utilisés en astrophysique.

Amalia Villarrubia-Aguilar, APC doctoral student and mediator, explains to pupils what telescopes used in astrophysics are for.[/caption]

Ces jeunes chercheurs ont pu partager leur passion, expliquer leur travail et répondre à un flot de questions : “Est-ce qu’il y a un bord à l’Univers ?”, “Qu’est-ce qu’il y avait avant le Big Bang ?”, “Peut-on tomber dans un trou noir ?”. Chaque interrogation était accueillie avec enthousiasme, chaque réponse ouvrant la porte à de nouvelles réflexions permettant de démystifier la recherche et de montrer que la science est avant tout une aventure humaine.

Semer des étoiles pour l’avenir

En fin de journée, les lumières se sont rallumées, le planétarium a été dégonflé et les étoiles sont retournées dans le ciel. Le but d’une telle initiative n’est pas de former une classe entière d’astrophysiciens. L’ambition est d’éveiller les esprits, de nourrir le questionnement et de donner à chaque enfant les clés pour regarder le monde – et le ciel – avec un œil critique et émerveillé.

En semant ces graines de science, peut-être que dans l’une de ces salles de classe, un futur ingénieur, une future astronaute ou simplement un adulte lèvera un jour les yeux au ciel avec un peu plus de connaissance et de poésie.
Il est essentiel de saluer l’engagement et le travail des médiateurs et médiatrices dont l’élan est le véritable moteur de ces projets de transmission des savoirs : Amalia Villarrubia-Aguilar, Andrea Landais, Baptiste Jost, Benjamin Beringue, Ema Tsang King Sang, Josquin Errard, Giulia Vannoni.

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