Le projet F3 avait pour objectif de rapprocher les enseignants et les élèves des écoles secondaires – notamment les filles – de la physique de pointe, afin de renforcer leur esprit critique et de leur donner les moyens de devenir des citoyens et actifs et informés. Dans une société qui remet de plus en plus en question le rôle et la légitimité de la science, où l’information semble être à la portée de tous mais où il devient de plus en plus difficile de faire le tri entre les discours scientifiques et les allégations erronées, il est du devoir des scientifiques de s’engager sur le terrain.
Financé par la Région Île-de-France, le projet F3 (Filles et Femmes aux Frontières de l’Univers) s’est donné pour mission de rapprocher les élèves du secondaire, et particulièrement les filles, de la recherche en physique et cosmologie. Dans un contexte où la légitimité de la science est régulièrement remise en question et où discerner information scientifique et fausses allégations devient complexe, cette initiative a permis aux chercheurs du Laboratoire APC de s’engager directement sur le terrain éducatif.
De la salle de classe aux paillasses du laboratoire
La première phase du projet a conduit les scientifiques de l’équipe Cosmos, sciences et sociétés dans les établissements scolaires franciliens. Ces interventions, dont le format était adapté en concertation avec les enseignants, combinaient séminaires introductifs et ateliers pratiques autour de thématiques captivantes : astroparticules, ondes gravitationnelles, cosmologie. L’objectif ? Faire découvrir la méthode scientifique par l’apprentissage actif et développer l’esprit critique des élèves face à la réalité qui les entoure.
À l’issue de ces rencontres, trois jeunes filles par classe ont été sélectionnées pour participer à un stage de recherche au sein du laboratoire APC. Durant cette immersion, les stagiaires ont manipulé les instruments de l’Outreach Centre – télescope optique, interféromètre de Michelson, chambre à brouillard – et analysé des données réelles d’expériences de pointe comme celles du détecteur d’ondes gravitationnelles Virgo. Encadrées par des chercheuses qui leur ont servi de mentors, elles ont découvert les métiers de la recherche et réalisé leurs propres expériences sur les muons atmosphériques ou la constante de Hubble, contribuant ainsi à déconstruire les stéréotypes de genre dans les sciences.
Une véritable conférence scientifique en guise de conclusion
Le projet s’est achevé par une mini-conférence scientifique organisée au laboratoire APC. Les apprenties chercheuses y ont présenté leurs résultats sous forme d’exposés oraux, suivis de discussions, devant leurs camarades de classe, leurs enseignants et leurs familles. Cet événement a permis de valoriser leur parcours et de leur offrir une expérience complète du travail de recherche, de l’expérimentation à la communication des résultats.
Le projet F3 a ainsi concrétisé l’ambition de former des citoyens actifs et informés, capables de participer à la construction d’une société de la connaissance, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de carrières scientifiques, particulièrement auprès des jeunes filles.
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